Le sexe de la sollicitude
Rencontré à Bordeaux il y a quelques jours une jeune femme passionnante, qui vient de publier un livre dont je vous recommande la lecture : Le sexe de la sollicitude. Certes, il faut s’accrocher un peu, car l’auteure, Fabienne Brugère, est philosophe et son ouvrage est donc un essai de philosophie…Mais il en vaut vraiment la peine!
J’en ai retenu trois choses qui me semblent fondamentales en ce moment précis où crises et incertitudes de tous ordres sont de nature à rebattre ( dans le bon sens je pense !) les cartes de notre mode de vie.
1 La sollicitude, qui , comme la violette, a un petit parfum de désuétude, doit revenir en force, retrouver ses lettres de noblesse, prendre une place première ( et non de second ordre) dans notre société . La sollicitude, c’est l’attention aux autres, le souci des autres, la préoccupation pour les plus faibles ( des enfants aux personnes âgées, des démunis aux exclus, des malades aux êtres dépendants..) , et c’est aussi à condition qu’elle soit repensée selon les axes que propose Fabienne Brugère, quelque chose qui peut changer la vie !
2 Les femmes sont , par nature et/ou par culture, ( éternel débat et éternelle impossibilité à faire la juste part des choses,) dédiées aux actions de sollicitude, vouées à la protection des autres. Parfois par choix. Souvent par nécessité. Actrices de la sollicitude, les femmes sont souvent elles-même en situation de vulnérabilité. Le travail à temps partiel, par exemple, pour permettre aux femmes de s’occuper des enfants, ou des autres, n’est la plupart du temps que le fruit de ces conditionnements.
3 La sollicitude ,« valeur des conduites du genre humain » mais aussi domaine d’activités à part entière doit être équitablement partagée entre hommes et femmes. Entre eux et elles, Fabienne B réfute par ailleurs ( et c’est sans doute un autre point sur lequel elle me fera progresser) la notion de « complémentarité » pour proposer celle, plus indépendante, de « voisinage. »
Ainsi équitablement partagée, la sollicitude , épanouie dans un contexte déjà propice à la prise de conscience du développement durable au sens large, pourrait être une opportunité formidable pour notre société du 21 ème siècle.
Elle pourrait devenir en tout cas l’un des credo de la femme digitale pour 2009 !.
Publié dans Actus


7 janvier 2009 à 22:08
La sollicitude a quelque chose de mielleux, de mièvre, de collant, c’est un peu comme la pitié ou la compassion.
A cela, je préfère de loin le respect dans son acceptation la plus large, et respecter, c’est déjà faire un pas vers l’autre, et le reconnaître dans sa totalité et sa différence.
11 janvier 2009 à 20:32
je trouve cela très intéressant et aimerait aussi que la sollicitude ne soit plus si désuète et démodée qu’elle ne l’est de nos jours! et même si je ne suis pas très “essais philosophiques” j’ai très envie de lire cet ouvrage!
12 janvier 2009 à 18:42
C’est vrai que le monde manque de sollicitude… même un peu. Ne serait-ce qu’un pixel
Croisons les doigts pour que cela change un peu en 2009!
14 janvier 2009 à 19:23
@ hifi,
Je comprends un peu votre propos. Un peu, mais pas tant que cela en fait. Le respect, c’est bien, assurément, mais cela reste un peu statique. J’ai cette faiblesse de croire que la sollicitude dans son acception la plus respectueuse, justement, c’est une ouverture à l’autre.
Une ouverture respectueuse, certes, mais une ouverture qui ressemble fort à une invitation.
Non, je ne crois pas que cela soit mielleux. C’est juste du partage que l’autre reste libre d’accepter ou non.
Enfin, je crois.
5 mars 2009 à 22:09
“Le sexe de la sollicitude”…Que ce schéma type : femmes vulnérables et pleines de sollicitude change !
Oui, mille fois oui, que la sollicitude revienne en force, et qu’elle soit équitablement partagée entre hommes et femmes ! Les hommes aussi en sont capables. Apprenons-la, ou réapprenons-la à ceux et celles qui l’ont mise au placard pour cause de désuétude. Qu’elle soit le Credo de la femme digitale pour 2009 me semblerait etre un juste retour des choses, car, si la communication digitale a créé, ces dernières années, davantage de communication, elle en a souvent altéré la chaleur.